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« Éteint la lumière, je n'ai pas envie de voir la couleur de mes idées noires. » ft. Jaden

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MessageSujet: « Éteint la lumière, je n'ai pas envie de voir la couleur de mes idées noires. » ft. Jaden Dim 3 Déc - 3:56




« Mais j'essaye de te retrouver dans tout ce qui n’est pas humain. Comme les étoiles ou la mer, toutes ces conneries de romantique. Juste pour me dire que tu n’es pas unique, qu'il y a plein de choses aussi dingues que toi sur cette Terre. »

Nikola se réveilla au beau milieu de la nuit, tremblant, ses draps trempés de sueur. Il avait froid, il avait chaud. Sa mâchoire était tellement serrée qu’il en avait mal aux dents. Il avait des vertiges. Ses paumes étaient moites. Aucun doute, c’était des symptômes de manque. Il les reconnaissait. Ça faisait plus de deux semaines qu’il n’avait rien pris, qu’il était à jeun, et son corps le lui faisait bien comprendre.

Dans ses draps trempés, il laissa son esprit s’égarer, et réfléchir à comment il en était arrivé là. Ça avait commencé quand il avait vingt-et-un an. Une dépression foudroyante. Beaucoup pensent que la dépression est un état d’âme très romantique, la maladie des artistes qui se la pètent à Paris. La dépression, c’est une maladie gravissime. C’est comme si tout d’un coup, on se retrouvait avec une gueule de bois qui empêche d’écrire et de parler pendant un an et demi. C’est avoir un filtre en noir et blanc devant ses yeux. C’est ne pas savoir comment appréhender la journée qui arrive. Se demander comment on va s’en sortir. Et pourquoi s’en sortir. C’est essayer d’en finir. C’est se faire souffrir. Et faire souffrir. La dépression c’est sale, c’est moche. Ce n’est pas les maux des artistes maudis. Cependant, par un curieux hasard de la vie, le succès est arrivé par ce qu’il lui est arrivé de pire. Sans cette dépression, il n’aurait jamais eu la hargne et ce désir de vengeance sur la vie qui l’a fait sortir plus fort et avancer dans la vie. Plusieurs années après, il n’avait presque plus de trace de cette dépression. Sauf ce problème auquel il était confronté cette nuit. Le manque. La drogue. La poudre blanche. Celle qui active le cerveau, qui te fait ressentir toutes les connexions entre tes neurones. Qui te fait te sentir en vie, toujours plus en vie. Qui te fait voir le monde avec d’autres couleurs. Qui t’apporte une énergie et une joie que tu n’auras jamais ressenti sans elle.

Nikola ouvra les yeux, sa tête le lançait. Il était maintenant allongé sur le carrelage de sa salle de bain, sans qu’il ne comprenne comment il était arrivé là. Tout tournait autour de lui. Il avait perdu conscience. Il se releva et s’asseya par terre, dos au mur, reprenant sa respiration. Son cœur battait la chamade. Il avait l’impression de mourir. Des pilules par terre attira son regard. Visiblement il avait essayé d’ouvrir son armoire à pharmacie pour en sortir des médicaments qui auraient pu remplacer sa précieuse poudre, mais il avait perdu connaissance avant. Il se releva, fit couler de l’eau, et la passa sur son visage. De toute manière, aucun médicament n’était suffisamment fort pour jouer les remplaçants d’un soir. Il fallait qu’il s’en procure, ou il était certain qu’il n’allait pas passer la nuit. Du moins c’est ce que son corps lui faisait croire.

Il attrapa un jean, un t-shirt, son manteau, ses chaussures, et sorti de chez lui, fermant la porte derrière lui. Son cœur refusait de reprendre un rythme normal, en plus des symptômes de manque il était confronté à une crise de panique due à son état incroyablement faible.

Il regarda sa voiture un instant. Non. Ce n’était pas prudent, et de toute manière il n’était pas en état de conduire. Il irait à pieds. Ce n’était pas loin de toute manière. La 13th Road Street. Là où il se fournissait en drogue tous les mois. C’était également la rue la plus mal fréquentée de Vögar. Celle où tous les crimes se passaient. Où les fils de riches comme lui étaient mal vus. Celle où même la police n’osait se rendre, tant elle pouvait se montrer dangereuse. Mais c’était malheureusement aussi la seule où l’on pouvait se fournir en drogue. Nikola respira alors un grand coup, et entreprit d’avancer sans tomber. Il était vraiment faible, ses mains et ses jambes tremblaient, et il était pris de sueurs froides qui refusaient de s’arrêter. Il était vraiment mal en point. Mais il savait que ce n’était que temporaire, là-bas il allait trouver son contact habituel qui y passait ses nuits, et tout cela ne serait bientôt qu’un désagréable souvenir. Avant les prochaines crises de manque, qui se rapprochaient dangereusement plus le temps passait. Un jour il y remédierait, il se l’était promit. Un jour, mais pas cette nuit.

Sûr de trouver son interlocuteur à dans la 13th Road Street, il envoya tout de même un sms. « Dispo ? Endroit habituel ? » et la réponse ne se fit pas attendre : « Ok ». Court et concis, tous deux se méfiants des messages trop explicites, dans le cas où l’un d’eux se ferait prendre.

Il arriva alors au lieu du rendez-vous, et l’homme l’attendait au pied d’un immeuble glauque. Ils firent leur échange à l’intérieur, dans une espèce de squad où des junkies semblables à des zombies savouraient leur trip en paix. Sans plus attendre, Nikola versa un peu de poudre sur le comptoir, se boucha une narine, et aspira le tout avec l’autre. Il se sentait déjà plus calme, conscient que les symptômes de manque allaient disparaître dans quelques minutes. Mais il ne souhaitait pas rester là, au milieu de ces junkies qui ne faisaient définitivement pas partis de son milieu. Il salua alors son interlocuteur, avec qui il n’avait échangé que les paroles nécessaires à la transaction, et sorti dans la rue. Le froid lui faisait un bien fou. Mais en ressortant, les vertiges se firent plus violent. Il avait la tête qui tournait. Les mains qui redoublaient de tremblements. Les sueurs qui revenaient. Et son crâne heurta les pavés froids et humides de la rue.

Il reprit conscience quelques temps après, combien il n’en avait aucune idée. Une silhouette se tenait devant lui, accroupie. Les mains de l’inconnu(e) sur ses épaules, il tenta de se dégager par réflexe, mais il était trop faible. La voix de cet inconnu(e), qu’il ne savait être féminine ou masculine tant sa vue était brouillée et un sifflement insupportable lui transperçait les oreilles et le cerveau, lança un « Ça va ? » teinté d’inquiétude.


Dernière édition par Nikola S. Lokinjörd le Lun 4 Déc - 17:13, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Éteint la lumière, je n'ai pas envie de voir la couleur de mes idées noires. » ft. Jaden Dim 3 Déc - 16:36


    Jaden se réveilla en sursaut. Par terre. Bordel, qu’est-ce qu’il s’était passé ? Sentant la panique l’envahir, Jaden se releva et passa une main brutale sur son visage. Il rassembla ses forces pour essayer de se rappeler. Son souvenir le plus récent remontait à la fin d’après-midi. Il était dans sa chambre d’hôtel, et avait décidé de sortir. Une fois passé les portes de l’hôtel, c’était le blackout. Qu’est-ce qu’il était allé faire ? Et où ? Jaden se releva brutalement. Il y avait bien quelqu’un qui pourrait l’éclairer sur ce qu’il s’était passé… À cette pensée, il attrapa jean qui était sous sa main et le balança à l’autre bout de la pièce. Non. Il était seul. Toujours seul. Personne n’était avec lui. Et puis merde, il était flic. Il pouvait bien résoudre ça tout seul. Il sentit son haleine, et porta attention à son état physique. Il n’avait pas bu. Ses vêtements étaient étalés par terre autour de lui, il avait prit la peine de se déshabiller. Une pensée folle lui traversa alors l’esprit, et il se retourna si vite qu’il faillit se briser le cou. Non, personne dans son lit. Pourquoi son cerveau lui bloquait ses souvenirs ? Était-ce parce qu’ils étaient trop horribles ? À cette pensée, sa panique redoubla.

    Péniblement, il avait essayé de l’ignorer. De le renier de toutes ses forces, pour essayer de l’oublier, de l’effacer. Il ne pouvait se résoudre à l’accepter, et pourtant, en cet instant, il le fallait. Qui sait ce qui a pu se passer pendant ces dernières heures. L’angoisse sortait de son corps par tous ses pores. La sueur coulait le long de son cou et de son torse, le faisait frissonner, le brûlait. Essayant lamentablement de contrôler sa respiration, il rassembla ses forces. Il avait envie de vomir. Il maintenait les yeux fermés. Il avait peur de les ouvrir. Il ne savait même pas ce qu’il préférait trouver en les ouvrant. D’une inspiration, il engouffra une grosse bouffée d’air dans ses poumons, avant de hurler.

    - MATT !

    Il ouvre les yeux. Personne. Retenant intérieurement un énorme cri, Jaden plongea sa tête dans ses mains, qui semblèrent crouler sous le poids de son désespoir.

    - MATT ! Matt, montre-toi bordel ! MAAAAAAATT ! Hurla-t-il, sans aucun résultat. Il regarda droit devant lui, essoufflé. Et comprit qu’il était bel et bien seul. FUUUCK !

    Jaden avait hurlé ce dernier mot en frappant dans le mur. Son mal-être était plus fort que la douleur, mais elle l’avait quand même légèrement calmé. C’en était presque agréable. Il baissa les yeux vers sa main, rouge. Il la regardait rougir de plus en plus avec une fascination malsaine, perdu l’espace de quelques secondes dans ce tableau écarlate qui semblait être à l’image de son esprit. Il secoua alors la tête. Ça ne pouvait plus durer. Il voulait se rappeler. Ou alors ne pas se rappeler. De rien. Du tout. Ou comprendre. Ou tout abandonner. Mais il fallait qu’il fasse quelque chose. Alors il attrapa des vêtements, sa veste en cuir, et sortit de l’hôtel. Il ne savait même pas où il se rendait. Il ne voyait rien. Les bâtiments qui défilaient de chaque côté n’était rien d’autre que des taches informes et dénuées de sens. Le froid lui tailladait la peau qui semblait déjà à vif. Son coeur battait dans ses tympans à la manière d’une musique agressive et beaucoup trop forte. Chacun de ses pas se posait en rythme avec cette musique qui le possédait jusqu’au plus profond de son âme. Chaque pas était lourd, douloureux, comme s’ils faisaient rebondir dans son ventre tout son désespoir cuisant. C’était atroce. Et fantastique.

    Jaden n’avait pas réfléchit à l’endroit où il voulait se rendre. Mais visiblement, il semblait attiré par les chemins les plus sombres, les plus sinistres. Peut-être qu’il y trouverai des réponses. Un remède pour la mémoire. Pour la retrouver, ou la détruire. Un remède pour revenir sur terre. Ou sombrer encore plus. Peut-être fallait-il qu’il rejoigne les junkie. En faire des compagnons de trip… Ou de combat. Sans même s’en rendre compte, il tourna dans une rue beaucoup plus sombre. La nuit se densifia, comme si elle l’aspirait avec elle. Sa vision était brouillée par l'obscurité. Mais de toute façon, il s’en foutait. Il continua à marcher, déterminé, jusqu’à ce qu’un bruit sourd s’éleva juste devant lui. C’était comme une petit lumière qui chassa le brouillard. Soudainement, il vit où il était, et ce qui se trouvait devant lui. Au milieu de cette rue sombre et peu accueillante, un homme était tombé à terre. Son côté chevaleresque sembla alors l’attraper par le bras pour le ramener doucement dans la réalité. Jaden s’avança vers l’homme et prit son poul. Vivant. Il posa ses mains sur ses épaules et le secoua légèrement.

    - Ça va ?

    Il avait l’air mal en point. Il tenta de le repousser, sans succès. Même dans l’obscurité, il remarquait qu’il était incroyablement pâle. Son teint maladif et ses yeux cernés contrastaient avec ses habits plutôt propres, et de qualité. L’homme remua un peu, et sembla essayer de se relever. Jaden l’aida prudemment à se redresser. Il paraissait revenir de loin.

    - Ça va ? Répéta-t-il, avant de se rendre compte qu’il parlait anglais. Il se rattrapa, et continua dans le meilleur islandais dont il était capable. Tu m’entends ? Qu’est-ce qu’il t’es arrivé ?


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MessageSujet: Re: « Éteint la lumière, je n'ai pas envie de voir la couleur de mes idées noires. » ft. Jaden Dim 3 Déc - 21:49





    - Ça va ? Tu m’entends ? Qu’est-ce qu’il t’est arrivé ?
    - Je… Ça va.

    Nikola réussi à se dégager des mains de l’inconnu. Il le dévisagea lorsque sa vue s’éclaircit. C’était un homme qui avait l’air d’avoir son âge. Sans uniforme, qu’il soit policier ou ambulancier, ce qui était rassurant pour lui. Et il semblait clean, ce qui était encore plus rassurant. Se faire agresser dans cette rue n’était pas quelque chose de surprenant. Mais cet homme semblait être droit, du moins c’est ce qu’il dégageait. En revanche en observant ses yeux et ses cernes on pouvait s’imaginer qu’il ne passait pas une meilleure nuit que Nikola.

    - Qu’est-ce que vous faites ici ? C’est une rue qui craint, vous n'êtes pas au courant ? Vous ne devriez pas rester là…

    Réussit-il à bafouiller en ayant entendu l’accent clairement américain de l’homme. Si c’était un touriste perdu, il fallait qu’il soit au courant du lieu où il venait de mettre les pieds. Mais quel touriste se mettrait à visiter Vögar à cette heure avancée de la nuit ? Et secourir un cadavre qui ne devait pas avoir l’air très net. D’accord sa remarque sonnait ironique, lui non plus ne devrait pas rester ici, avant de se voir faire les poches.

    Nikola essaya de se relever, n’appréciant pas d’être vu en position de faiblesse. Surtout devant un inconnu, qui pourrait être n’importe qui. Il ne voulait pas d’ennuis. Et il espérait fortement que celui-ci n’ait pas appelé les secours. Une hospitalisation d’un Lokinjörd sous motif de consommation de psychotropes serait une information bien trop croustillante pour qu’elle ne termine pas sur le blog d’Anonymous Gossip, ou un autre foutu magazine people. Et il était suffisamment présent dans les journaux pour ses conduites provocatrices pour qu’on en rajoute.

    Il manqua de tomber en se remettant sur ses jambes, mais le mur de pierres derrière lui lui servi d’appui. Hors de question de se servir des bras de cet inconnu pour maintenir son équilibre, son égo était bien trop gros pour cela. Il préférait mettre un terme à cette conversation et rentrer chez lui au plus vite, pour pouvoir redevenir lui-même à l’abri des regards. Mais l’homme devant lui n’avait pas l’air d’être du genre à laisser filer quelqu’un qui venait de s’effondrer devant lui. Qui fréquente une rue comme la 13th Road Street à cette heure-ci en ayant une attitude humaine ? Un inconscient, ou vraiment quelqu’un qui ne savait pas où il mettait les pieds visiblement. Mais Nikola pouvait s’estimer chanceux. Il ne lui avait pas fait les poches, ce qui aurait été le premier réflexe des autochtones locaux à la vue de ses vêtements qui indiquaient clairement qu’il avait assez d’argent sur lui pour leur permettre de se shooter gratuitement pendant des mois.

    - Je vais bien. Ça va. Je vais rentrer. Et… Ouais. Merci.

    Dit-il en passant sa main glacée sur son front plein de sueurs. La crise de manque avait été puissante cette fois, c’était la première fois qu’il perdait connaissance, surtout deux fois d’affilé. Mais là son corps allait bientôt absorber la substance et comprendre que tout allait bien, qu’il allait pouvoir laisser son locataire tranquille pour quelques jours. Il inspira une bouffée d’air frais, et regarda vers la fin de la rue. Elle paraissait si loin. Et son domicile également. Il allait avoir besoin de toutes ses dernières forces pour réussir à parvenir seul à destination.
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MessageSujet: Re: « Éteint la lumière, je n'ai pas envie de voir la couleur de mes idées noires. » ft. Jaden Lun 4 Déc - 21:26


- Qu’est-ce que vous faites ici ? C’est une rue qui craint, vous n'êtes pas au courant ? Vous ne devriez pas rester là…

- Ouais, c’est ce que j’ai cru comprendre, répondit Jaden en lançant un regard autour de lui… Puis à l’homme à terre.

Il pourrait très bien lui retourner sa remarque. Qu’est-ce qu’il lui était arrivé à celui-là ? Perdre connaissance, en pleine nuit, en pleine rue, c’était louche. Et dangereux. Jaden l’observa avec attention. Ce qui demandait un gros effort. C’était comme si une partie de lui était encore bloquée dans cet autre monde. Ce monde d’un noir épais qui vous transperce la poitrine. Qui vous aspire dans un néant étouffant. Qui vous fait perdre toute notion de réalité. Et puis, l’autre moitié de sa personne se trouvait ici. Dans cette rue. Dans ce qu’on appelle la réalité. Et ce choc des mondes était d’une telle violence qu’il lui faisait tourner la tête. Lui donnait des nausées. Jaden ne s’était peut-être pas effondré, mais il devait paraître aussi en très mauvais état. L’autre réalité l'avait roué de coups avec une telle brutalité que son visage, même pour les autres, devait en porter les traces. Il sentait encore des gouttes de transpiration perler le long de ses tempes. Trempé comme il l’était au plein milieu du froid d’Islande, il aurait dû être gelé. Mais en cet instant, Jaden ne sentait rien. À part le poids de son âme. Et elle était sacrément lourde.

Difficilement, Jaden se re-concentra pour revenir à ce problème plus urgent. L’homme toujours à terre avait beau dire qu’il allait bien, il n’en croyait pas un mot. Il avait l’air drogué, en manque, ou terriblement malade. Mais quoi qu’il en soit, il ne pouvait pas rester là. Il ne pouvait pas rester seul. Le mystère de sa soirée allait devoir attendre. Il devait lui venir en aide. Même si visiblement, il essayait de se débarrasser de lui.

- Je vais bien. Ça va. Je vais rentrer. Et… Ouais. Merci.

- Tu vas rentrer ouais, mais je te laisser pas rentrer tout seul. Tu l’as dit toi-même, c’est dangereux ici. Faut que…

Jaden s’arrêta. Net. Il leva la tête. Et il le vit. Matt. Là. Devant lui.


Et tout redevenait noir. Les trait de son visage se durcirent. Une véritable haine et une angoisse profonde déformaient son visage. Il avait refusé de se montrer la seule fois où il en avait besoin. Alors qu’il l’avait appelé. Il avait hurlé son nom. Et il réapparaissait, là. Ici. Maintenant. Dans un moment pareil. Un moment où il ne pouvait pas lui parler. Et le sourire moqueur qui fendait son visage remplissait Jaden d’une rage destructrice. Immobile, silencieux, il se contentait de lui transmettre toute la haine qui émanait de son corps. Il se sentait trahi. Tout, tout autour de lui lui faisait barrage. Et l’enfermait dans une forteresse d’incompréhension et d’isolement. Pourquoi ? Pourquoi il était tenu à l’écart ? Son père ne lui avait-il pas dit qu’il était censé faire parti de tout ça ? Mais bordel, pourquoi ? L'obscurité se refermait sur lui. Et bientôt, elle aussi se mit à le quitter. À le regarder par dessus son épaule, alors qu’elle l’abandonnait. Reviens
Et tout était parti. Laissant Jaden seul. Tremblant. Avec un vide au creux des entrailles, un vide qui aspirait tout son être.

Puis doucement, il tourna la tête. Et se rappela de cet homme, devant lui, à qui il devait venir en aide. Visiblement, il avait remarqué que quelque chose n’allait pas. Merde… Tout les deux ne s’étaient pas rencontré sous leur meilleurs jours. Mais peut-être que c’est ce qui ferait qu’aucun des deux ne parlerai de tout ça. À personne.

- Il faut, eum.. Euh.. Garvey. Je suis Garvey, Jaden Garvey. Dis-moi où tu habites, qu’on y aille. Et vite, avant qu’on nous tombe dessus.

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MessageSujet: Re: « Éteint la lumière, je n'ai pas envie de voir la couleur de mes idées noires. » ft. Jaden Jeu 7 Déc - 21:18




    - Tu vas rentrer ouais, mais je te laisser pas rentrer tout seul. Tu l’as dit toi-même, c’est dangereux ici. Faut que… Il faut, eum.. Euh.. Garvey. Je suis Garvey, Jaden Garvey. Dis-moi où tu habites, qu’on y aille. Et vite, avant qu’on nous tombe dessus.

    L’homme avait marqué une longue pause, son visage imprimé d’horreur. Comme s’il avait vu quelqu’un. Quelqu’un qui lui faisait peur. Hors par chance il n’y avait personne dans la rue. Nikola ne comprenait alors pas ce qu’il s’était passé. De toute manière, il n’était pas en état de comprendre quoi que ce soit. Il se contenta alors de bafouiller :

    - Ah, tu n’es pas du coin. Nikola Lokinjärd enchanté, désolé qu’on se rencontre dans de telles circonstances. J’habite euh… pas très loin. Merci.

    Il manqua de tomber à la renverse en se relevant. Tout tournait autour de lui. Mais il sentait les effets de la poudre blanche monter en lui, il sentait l’énergie chimique réchauffer ses membres. Alors pour se donner une contenance, si tant est qu’il était possible de faire mine d’en avoir une vu son état, il sortit son paquet de cigarettes et en alluma une. Tout en tendant le paquet vers Jaden, une invitation muette à fumer.
    Les deux hommes s’avançaient vers la sortie de la 13th Road Street. Nikola ne prenait pas la peine de faire la conversation, il n’était pas en état. Et il ne voulait pas prendre le risque que l’homme remarque qu’il était drogué comme jamais, de peur qu’il fasse partie des forces de l’ordre, ou qu’il aille le dénoncer. Il se risqua tout de même à prononcer une phrase :

    - Tu n’as pas l’air en grande forme toi non plus.

    A peine avait-il terminé sa phrase qu’un homme de grande carrure leur fit face. Nikola tenta tout d’abord de continuer sa route en l’évitant, ne comprenant pas qu’il cherchait la confrontation. Mais son bras qui le repoussa en arrière lui fit bien vite comprendre ses intentions. Il titubait et sentait l’alcool. Il était ivre mort. Et visiblement il avait l’alcool mauvais car il avait très envie de se battre. Chose que Nikola ne savait absolument pas faire, et encore moins dans son état. Mais la coke lui donnait du courage, et une impression d’invincibilité. Il lança alors à l’homme, d’un ton qu’il voulait dur et sûr de lui :

    - Ecarte-toi de mon chemin ou mon poing va atterrir dans ta gueule.

    Hors ce fut le sien qui atterrit en plein sur l’arcade de Nikola, le propulsant contre le mur. Il était fichu. L’homme était bien plus grand et musclé que lui. Nikola ne s’était battu qu’une seule fois, pour une femme. Il s’en était sorti sans trop de problèmes car il avait eu l’effet de surprise pour lui, et que son adversaire avait une carrure similaire à la sienne, mais là les circonstances étaient totalement différentes. Il n’allait pas pouvoir s’en sortir seul. La main contre sa tête, il regarda alors Jaden dans l’espoir qu’il saurait apaiser les choses ou faire fuir l’homme. Celui-lui avait un regard à glacer le sang. De la haine dans les yeux. De la colère profonde.

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MessageSujet: Re: « Éteint la lumière, je n'ai pas envie de voir la couleur de mes idées noires. » ft. Jaden Ven 8 Déc - 21:55


    - Ah, tu n’es pas du coin. Nikola Lokinjärd enchanté, désolé qu’on se rencontre dans de telles circonstances. J’habite euh… pas très loin. Merci.

    Le dénommé Nikola se releva péniblement. Visiblement il n’était pas remis. À la grande surprise de Jaden, il s’alluma une clope. Plein de bons conseils, il s'apprêtait à le décourager de terminer sa cigarette, mais Nikola lui tendit son paquet, et ses conseils s’évaporèrent avant même d’avoir été émit. L’américain lâcha un petit rire, puis sortit une clope du paquet en le remerciant. Qu’est-ce qu’une de plus, après tout. En silence, les deux hommes se mirent en chemin. L’un comme l’autre, aucun n’était apparemment d’état à bavarder. Et c’était très bien. Jaden se sentait encore remué, et tenta de rassembler toutes ses forces pour revenir entièrement à la réalité. Il jeta un regard à Nikola. Il avait l’air de se battre pour avoir l’air en bon état. Mais visiblement, il allait toujours mal. Curieux, Jaden s’apprêtait à lui demander ce qu’il avait prit, mais fini par se raviser. Ses allures de flic risquaient de se faire voir. Ça arrivait. Même si en cette instant, il n’en avait que foutre de s’il se droguait ou pas. Peut-être même qu’il serait jaloux.

    - Tu n’as pas l’air en grande forme toi non plus.

    Jaden laissa échapper un rire. En effet.

    - Ouais… C’est une bonne nuit pour aucun de n…

    Jaden ne termina pas sa phrase. Un homme massif s’était planté devant eux. Et n’avait pas l’air de vouloir les laisser tranquille. Il remarqua rapidement que l’homme était déchiré. Et à en juger par son geste pour repousser Nikola, il cherchait une distraction virile pour la soirée. Super. Bien qu’il le dominait en taille, il ne lui faisait absolument pas peur. Mais chier, ça oui. Il n’était pas d’humeur à repousser ce genre de cons. Il avait aussi peur de perdre le contrôle. Ses nerfs étaient encore à vif, irritables.

    - Écarte-toi de mon chemin ou mon poing va atterrir dans ta gueule.

    Le con. Un mec comme ça a besoin de tout sauf de provocation. À moins que c’est exactement ce qu’attendait Nikola. Avant que Jaden ait pu s’en rendre compte, Nikola fut propulsé contre le mur par un coup sur la tête. Merde.

    - Hey ! Cria Jaden en s’avança vers l’homme.

    Il ne semblait pas l’entendre. Trop concentré à lancer à Nikola un regard menaçant rempli d’une haine animale à glacer le sang. Putain. Il avait l’air plus dangereux que prévu. Avant même de s’en rendre compte, Jaden était déjà à son niveau, et avait posé une main sur son épaule pour le tirer vers lui.

    - Dégage de là.

    Apparemment, les mots ne faisaient pas parti de son langage. Bien que très alcoolisé, il était encore vif, et envoya une droite rapide en direction de Jaden. Dommage pour lui, il avait d’excellents réflexes. Il esquiva son coup d’un pas rapide sur le côté, attrapa son bras pour l’immobiliser et lui rendit sa droit en plein dans le nez. L’homme hurla, et recula pour plaquer ses mains sur son visage. Mais il se redressa. Et le sang qui ruisselait dans sa bouche donnait à son visage déformé par la haine un aspect encore plus abominable. Il leur lança un regard meurtrier, et sorti un couteau de sa poche… Il se rua alors sur eux, en accompagnant sa course d’un cri terrifiant. Automatiquement, Jaden se plaça devant Nikola, et braqua sur l’homme son arme qu’il sortit de dessous sa veste. Mais… Hein ? Il l’avait sortit par réflexe, mais n’avait absolument aucun souvenir de l’avoir prit. Bordel. C’est pas comme ça qu’il allait passer inaperçu ici. À la vue du flingue, l’homme s’arrêta net, et la peur vint se mêler sur son visage à la haine. Haletant, il regardait Jaden droit dans les yeux avec une rage palpable. Puis son regard se baissa sur l’arme.

    - J’reviendrai. Vous êtes morts. MORTS.

    Et il prit la fuite en courant. Super début en Islande Jaden, bravo… Il le suivit du regard, et une fois assuré qu’il était réellement parti, il reporta son attention sur Nikola, et lui demanda si tout allait bien. Visiblement, le coup du flingue lui avait fait un choc aussi. Ça ne devait pas être très courant, ici.

    - T’inquiète pas, j’ai un permis. J’étais flic, assura Jaden en rangea son arme. T’en fais pas je me fous de si t’es drogué ou dans je sais pas quelle galère. Allez viens, faut pas qu’on reste ici...
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MessageSujet: Re: « Éteint la lumière, je n'ai pas envie de voir la couleur de mes idées noires. » ft. Jaden Sam 16 Déc - 19:57




    La scène se déroula à une vitesse déconcertante. En une fraction de seconde, Jaden était devant Nikola, un flingue à la main. Un flingue. Nikola était dans une rue malfamée, il était drogué, en piteux état, et en compagnie d’un homme. Avec. Un. Flingue.
    Mais il venait visiblement de lui sauver la vie. Il la lui devait. A cet inconnu qui le regardait maintenant en serrant les mâchoires, rempli d’adrénaline. Et s’il avait tiré ?

    - T’inquiète pas, j’ai un permis. J’étais flic. T’en fais pas je me fous de si t’es drogué ou dans je sais pas quelle galère. Allez viens, faut pas qu’on reste ici...

    Flic. C’était donc quelqu’un qui avait fait partit des forces de l’ordre, mais il en parlait au passé. Il n’en faisait plus partie, mais avait gardé son arme. Il n’était pas islandais, cela s’entendait et se remarquait à son nom, mais il était très certainement illégal pour lui de garder son arme en dehors de son pays… En tout cas, en Islande, les permis de ports d’armes n’existaient pas. Et c’était mieux ainsi. Même la police n’était pas armée. Et elle était peu visible en plus de cela. Seule la police d’élite d’Islande « Viking Squad » était armée, mais il était rare de les voir, hors grands événements. La plupart d’Islandais n’ont alors jamais vu d’armes de leurs propres yeux de leur vie. Et là cet inconnu étranger venait d’en pointer une juste sous son nez.

    - Je ne sais pas d’où tu viens, mais il va falloir faire vérifier ton permis.

    Lâcha Nikola, oubliant totalement de remercier l’homme, tant il était sous le choc. Et mal en point. Sa tête tournait. Il se releva, non sans peine, et essaya de continuer :

    - Les nouvelles vont vite ici, si on ne veut pas qu’une dizaine de mecs débarquent parce qu’ils ont entendu que quelqu’un a un flingue il faut se barrer. Tu ranges ton arme et je te montre comment sortir de là sans se faire remarquer.

    Avec une assurance venue de nulle part, Nikola emprunta un chemin différent de celui qu’ils comptaient prendre. Des ruelles encore plus exiguës, un enfer pour se repérer dans le noir, mais une bénédiction pour les personnes ayant besoin de se déplacer en tout invisibilité.

    Ils marchèrent ainsi une dizaine de minutes sans s’adresser un mot. Nikola commençait à aller mieux. Sa tête le lançait toujours mais c’était dû au choc. La drogue le rendait plus énergique, il marchait d’un pas plus assuré. Et d’un pas rapide. Il devenait plus animé. Typique de la cocaïne. Il repensait à la lutte. Si cet homme n'avait pas été là, il ne savait pas ce qu'il se serait passé. On l'aurait sans doute dépouillé, ou pire. On ne savait jamais ce qu'il pouvait se passer dans cette rue à cette heure de la nuit. Il avait eu une chance incroyable.
    A une centaine de mètres de chez lui, il s’arrêta. Il ne le voulait pas que cet inconnu sache où il habitait. La présence d’une arme sous sa veste avait rendu Nikola très méfiant.

    - C’est bon, je n’habite pas très loin. Hum. Merci pour ce que tu as fait. Je t'en dois une. Son regard glissa vers sa veste. Elle a été utile ce soir, mais elle t’attirera beaucoup plus d’ennuis qu’autre chose si tu la garde sur toi. Si tu te fais contrôler avec une arme, crois-moi qu’ils se ficheront si tu es un ancien flic ou non. Tu ne savais donc pas ça ?
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MessageSujet: Re: « Éteint la lumière, je n'ai pas envie de voir la couleur de mes idées noires. » ft. Jaden Lun 8 Jan - 16:27




- Je sais pas d’où tu viens, mais il va falloir faire vérifier ton permis.

- Yeah, you’re welcome, lança Jaden alors qu’il rangeait l’arme grâce à laquelle ils étaient tous les deux sains et saufs.

Visiblement, Nikola n’avait pas l’air très ravis. Jaden voulait bien concevoir que son geste était très atypique ici en Islande, mais ce n’était pas comme s’il s’en était servi. Il ne l’avait sortie que pour intimider l’homme, et sans ça, ils seraient peut-être encore en train de se battre à l’heure qu’il était. Du moins, lui se battrait. Apparemment ça n’avait pas l’air d’être du ressort de l’islandais, et encore moins dans l’état dans lequel il était. Mais maintenant que Jaden l’observait mieux, il remarqua qu’il avait l’air en meilleure forme que précédemment. Peut-être l’adrénaline.

Jaden écouta à peine les réprimandes de l’homme, s’occupant principalement de vérifier que personne ne revenait à la charge. Cette attaque soudaine lui avait quelque peu remis les idées en place. Il y voyait plus clair. Mais l’inquiétude, elle, était toujours là. Collée à sa peau comme si elle essayait de fusionner avec lui. Ce n’était pas le fait de se faire attaquer qu’il redoutait, non. Mais…


- C’est bon, je n’habite pas très loin. Hum. Merci pour ce que tu as fait. Je t'en dois une. Elle a été utile ce soir, mais elle t’attirera beaucoup plus d’ennuis qu’autre chose si tu la garde sur toi. Si tu te fais contrôler avec une arme, crois-moi qu’ils se ficheront si tu es un ancien flic ou non. Tu ne savais donc pas ça ?

Jaden n’avait pas remarqué qu’ils avaient autant marché. Il jeta un coup d’oeil autour de lui. Il ne savait absolument pas où ils se trouvaient, ni quelle était sa maison. Mais tant pis. Tiens, Nikola le remercia cette fois. Mais c’était plus par forme que par sincérité, à en croire les nouvelles réprimandes qui suivaient. Merci maman, mais je peux me démerder tout seul.

- Bien sûr que je le sais. Et je sais aussi ce que je fais, t’inquiète pas pour ça, lança sèchement Jaden.

Il connaissait les lois islandaises oui, mais quant à savoir ce qu’il faisait, ça, c’était un mensonge. Il ne savait même pas ce qu’il foutait dans ce pays, ce qu’il cherchait, où était son hôtel, ou même ce qu’il faisait dehors à cette heure là. Il ne savait même pas ce qu’il avait foutu de sa putain de soirée. Tu parles d’un contrôl de situation. Mais il a toujours été débrouillard, il s’en sortira bien. Ouais…

Un bruit soudain vint percer le silence de la nuit en faisant sursauter les deux hommes. Jaden fit volte-face, et apperçu tout au bout de la rue trois silhouettes qui semblaient les pointer du doigt. En regardant plus attentivement, Jaden comprit que l’un deux était l’homme qui les avait agressé il y a quelques minutes. Putain. La fierté des cons, c’est vraiment la pire chose sur Terre. Revient tenter ta chance à trois paires de bras ouais, great courage man. Jaden murmura un juron en passant la main sur son visage dans un soupir agacé.

- C’est lui.

Jaden jeta un coup d’oeil à Nikola, qui ne quittait pas les trois hommes des yeux. Il semblait nerveux. Remarque, normal… Merde, c’était peut-être de ça qu’il parlait en disant qu’il s’attirerai des ennuis. Sauf que là, il allait l’emporter avec lui dans ses merdes… Putain Jaden. Discrètement, il jetta un nouveau coup d’oeil aux hommes. Ils avançaient. Il pouvait maintenant distinguer leur visages, et remarquer qu’ils les regardaient. Et ça n’avait pas l’air de leur plaire. Merde, ils se mettent à courir. Jaden se tourna vivement vers Nikola, qui, soudainement bien plus vif qu’il ne l’avait été au cours de la soirée, lui fit signe de le suivre. Les deux hommes se mirent alors à courir en direction d’une des maisons de la rue. Il passèrent un portail, et arrivèrent devant une porte d’entrée que Nikola ouvrit à la volée avant de la refermer derrière eux. De ce que Jaden avait pu apercevoir, ce con n’avait pas l’air de vivre dans la misère. Les deux hommes se regardèrent en silence dans le noir. Est-ce qu’ils allaient les suivrent jusqu’ici ? Perplexe, Jaden jeta un coup d’oeil vers la porte.

- Et maintenant ?

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MessageSujet: Re: « Éteint la lumière, je n'ai pas envie de voir la couleur de mes idées noires. » ft. Jaden Sam 20 Jan - 16:31





- Bien sûr que je le sais. Et je sais aussi ce que je fais, t’inquiète pas pour ça.

Nikola se rendit compte qu’il avait sûrement choisi le mauvais moment pour faire la morale à cet inconnu au sujet des armes à feu. L’adrénaline et l’état de choc n’aidaient pas à agir de manière très rationnelle. Et sûrement que ce qu’il avait consommé n’aidait pas non plus.

L’homme poussa un juron, en regardant vers l’autre côté de la rue. Il suivi son regard. Des hommes s’approchaient. Il sentit un mauvais pressentiment monter en lui, comme s’il pouvait sentir l’énergie négative qui émanaient d’eux, c’était très étrange comme sensation. Et son instinct avait eu raison, c’était l’homme de tout à l’heure, accompagné de ce qu’il semblait être des collègues. Et ils n’avaient pas une tête à vouloir casser la croute ensemble. Nikola et l’homme se regardèrent, et se comprirent d’un regard. Ils se mirent à courir. L’adrénaline envahissait tout son corps, il sentait ses jambes s’activer sans même qu’il ne les contrôle. L’instinct prenait le dessus, aidé par la drogue. Naturellement, il prit le chemin vers chez lui, faisant signe à l’homme de le suivre. Ils seraient en sécurité à l’intérieur.

Ils sautèrent par-dessus le portail avec une agilité qui ne lui ressemblait pas, n’ayant pas le temps d’ouvrir deux serrures. Il ouvrit celle de la porte d’entrée, et la claqua violemment derrière eux, refermant à clé.
Ils restèrent ainsi, figés, dans le noir, sans un bruit. Seules leurs respirations saccadées se faisaient entendre. Nikola se risqua à regarder par la fenêtre. Il ne voyait rien. Pour le moment. Il ne savait pas si les hommes avaient vu où ils avaient tourné, trop concentré sur sa course pour se retourner.

- Et maintenant ?

En temps normal, Nikola aurait répondu qu’il fallait appeler la police. Mais là, drogué jusqu’aux yeux comme il était, c’était une très, très mauvaise idée. Cela lui attirerait beaucoup plus d’ennuis qu’il n’en avait déjà. Que faire alors ? Seule l’attente semblait être une solution envisageable.

- On attend. S’ils nous avaient suivi ils seraient déjà là. Mais on ne peut être sûrs de rien. Reste ici pour le moment.

Nikola se rendit compte que sa dernière phrase résonnait plus comme un ordre qu’un conseil. Il tenta de se rattraper.

- Nikola Lokinjörd. Merci encore pour ce que tu as fait.

Il soupira bruyamment, tentant de retrouver une respiration normale. Et regarda à nouveau par la fenêtre. Il voyait des ombres passer au loin, mais leurs allures ressemblaient plutôt à celles de passants plutôt que d’hommes venus leur casser la gueule. Qu’est-ce qui pouvait bien se passer dans leur tête pour vouloir se battre avec des inconnus qui ne leur avaient pas adressé la parole… Décidément, l’espèce humaine était un mystère impossible à résoudre par moments.

Il entendit des couinements. Týr. Son fidèle berger allemand. Il l’avait nommé ainsi d’après la mythologie nordique, dieu des serments et du droit, anciennement un dieu du ciel. En parlant de serments, de droit et de protection, il se dirigea vers le garage où était enfermé son chien. Celui-ci lui sauta dessus de joie en voyant son maître entrer dans la pièce. Puis, dans tout le mystère qui régnait dans l’intelligence et l’instinct des chiens, il se mit à le fixer droit dans les yeux en sentant la tension qui émanait de son maître. Nikola lui caressa la tête pour le rassurer, et ouvrit la porte du garage pour le laisser sortir dans le jardin. Si les hommes se pointaient, ils seraient accueillis par les aboiements d’un chien de grande taille. Même s’il n’avait jamais mordu personne, se faire hurler dessus par un berger allemand pure race était un spectacle qui pouvait se révéler très effrayant, surtout dans le noir. C’était un très bon chien de garde, le plus fidèle qui lui était donné de connaître.

Il retourna à l’intérieur de la maison, où l’homme se tenait, regardant Týr courir dans le jardin.

- S’ils se pointent ils auront une belle surprise. On est tranquilles pour le moment.
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MessageSujet: Re: « Éteint la lumière, je n'ai pas envie de voir la couleur de mes idées noires. » ft. Jaden

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« Éteint la lumière, je n'ai pas envie de voir la couleur de mes idées noires. » ft. Jaden

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