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Somebody save me ▬ ft. Keira

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Mécanicien mystérieux
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MessageSujet: Somebody save me ▬ ft. Keira Jeu 16 Nov - 22:42






    Les endroits glauques, abandonnés et désertiques, que tout le monde fuyait à cause des rumeurs qui voltigeaient dans les cafés et les bars de la ville, Clive aimait ça plus que tout au monde. L'ambiance qui régnait entre ces murs tapissés de lierre, de ces peintures qui s'effritent lorsque l'on passe son doigt dessus, de ces vieux planchers qui craquent sous les pieds était d'une magie peu commune, étrangement palpable. Il était d'ailleurs de notoriété publique que la seule maison abandonnée de Vögar était possiblement hantée par les fantômes de ses anciens propriétaires. De cela, Clive en riait ouvertement ; toutes ces histoires n'étaient que foutaises à ses yeux. Mais en attendant, hormis les quelques curieux qui souhaitaient se faire peur par la seule force de leur imagination fertile, l'endroit était tranquille. Si calme que Clive y avait officiellement élu domicile lorsqu'il se sentait de s'isoler du monde, lorsque l'univers lui semblait hostile et glacial ou qu'il ne désirait voir plus aucun humain rôder autour de son être.

    À la sortie du travail, le jeune homme avait garé sa vieille Pontiac Firebird le long d'une rue inanimée et était venu à pied jusque vers les ruines de l'habitation, poussant le portail rouillé dans un petit bruit strident et bizarrement stressant. Il balaya du regard la bâtisse délabrée ; elle était, dans sa morne silhouette, d'une beauté déconcertante, fascinante pour n'importe quel amateur d'architecture. S'avançant sur le perron couvert de mousse, il poussa la lourde porte en bois qui s'était miraculeusement bien conservée avec le temps, et pénétra dans l'habitacle, refermant la porte d'un coup de pied qui fit trembler les murs qui tenaient dans un équilibre précaire. L'intérieur était complètement vide ; seul un vieux lit trônait encore à l'étage, sous les combles. S'allumant une cigarette, Clive monta quatre à quatre les marches de l'escalier, et alla s'allonger sur le matelas dont on pouvait apercevoir la mousse, voir même quelques ressorts, sortir par les divers trous ici et là.

    Ce jour-là était un de ces jours sensible où les nerfs se sentaient tiraillés et à fleur de peau. Ayant récemment acheté une maison avec l'héritage de sa mère, l'irlandais était encore dans les cartons. Plusieurs boîtes étaient empilées un peu partout dans le hall d'entrée, et lorsqu'il avait décidé de mettre son nez dedans, un étrange paquet avait aussitôt attiré son attention ; des lettres de son père, qu'il n'avait jamais ouvertes. Depuis la prison où il était cloîtré, ce dernier s'amusait à lui décrire des parties de sa vie, à lui expliquer les raisons de certains de ses choix. Clive ne voulait rien entendre de tout cela, mieux encore il ne se sentait absolument pas concerné par les actes d'un vieux fou cynique. Alors il continuait à recevoir des lettres qui restaient sans réponse. Mais cette pensée, et tout ce qui venait avec, avait suffit à contrarier son esprit. Et comme à son habitude, il avait ressenti le besoin d'aller bouder dans son coin.

    La fumée virevoltait un instant dans les airs, s'écrasant sur les plafonds défraîchis et s'évanouissant comme si elle n'avait jamais existé. Parfois, Clive aurait aimé être comme de la fumée ; c'est-à-dire éphémère. Il roula des yeux à cette pensée qui sonnait beaucoup trop dépressive à son humble avis. Il ferma un instant les yeux, profitant de la sérénité de l'instant. Jusqu'à ce que la porte de la maison ne s'ouvre en un grincement significatif. Clive ouvrit brutalement les yeux et se redressa, regardant sa montre d'un air agacé. Cela ne pouvait être des mômes, car l'heure ne s'y prêtait pas. Alors qui, oui, qui, osait venir troubler son moment de paix ?

    - C'est quoi ce délire, ronchonna-t-il en se levant, faisant craquer les planchers à nouveau.

    Il s'arrêta à l'encadrement de la porte, alors qu'il entendait la personne monter à pas de chat dans l'escalier. Si elle désirait voir un fantôme, elle allait d'abord devoir rendre des comptes à un vivant. Et pas des moindres au vue de l'humeur de ce dernier.  

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MessageSujet: Re: Somebody save me ▬ ft. Keira Ven 17 Nov - 17:56



- Hmm, murmura Keira en regardant l’écran de son appareil photo, non, rien à faire, aucun appareil photo ni aucun photographe peut arriver à te rendre jolie. Sorry Grandma!

Tout en éclatant de rire, la jeune femme dû protéger son visage et son appareil photo de tous les objets que lui balançait Alda au visage.

- Au moins je ne ressemble pas à une traînée comme toi, répliqua sa colocataire en croisant les bras.

Keira souriait. Leurs inlassables querelles égayaient cette maison d’une énergie rafraîchissante. C’était un éternel exercice de répartie, auquel les deux femmes se livraient à cœur joie. Alda lui avait avoué qu’elle ne s’était pas autant amusée depuis des années. Sa famille la délaissait, la traitant comme une vieille femme qui aurait déjà usé de toute son utilité. Quelle honte ! Alda était une femme formidable, pleine de vie et de joie. Jamais une seule fois Keira n’avait eu de regret quant à cette collocation.

L’anglaise s’approcha de son amie, l’embrassa sur la joue et prit congé. Elle attrapa sa veste en daim marron qu’elle enfila par dessus son pull jaune, se chaussa de ses bottines à talons, attrapa son sac en cuir, et sorti. Éprise d’une nouvelle pulsion créatrice, elle avait décidé de sortir prendre des photos. Son Canon 5D à la main, la jeune photographe arpentait les rues à la recherche d’inspiration. Elle s’attirait de temps en temps les regards des passants, lorsqu’elle prenait des poses toutes plus saugrenues les unes que les autres pour prendre une photo. Qu’importe ! Le résultat était là.

Keira tourna à l’angle d’un bâtiment pour emprunter une petite rue à l'écart, plus vide, plus sombre. Il semblait émaner de cette route pavée et de ces bâtiments délabrés une aura différente, mystérieuse, sinistre, dramatique... Et terriblement attirante. Alors qu'elle avançait dans cet autre monde, l’atmosphère se faisait de plus en plus sombre et pesante. La jeune femme leva les yeux vers le ciel ; ill n’y avait pas plus de nuages qu’ailleurs. C’était comme si l’endroit aspirait la lumière. En tournant la tête, le regard de Keira tomba sur un étrange tableau. Un vieux portail de fer rouillé se dressait devant elle. Il laissait paraître derrière ses barreaux à la peinture écaillée un petit chemin qui menait à une vieille maison en ruine. Les tuiles manquantes et les pierres recouvertes de mousse laissaient penser qu’elle était à l’abandon depuis bien longtemps. Tout autour, le petit jardin avait repris sa domination sur les modifications de l’Homme. Les sculpture de pierres étaient désormais à peine reconnaissables sous le lierre et les ronces qui les enlaçaient.

C’était parfait. Cette maison était le clou du spectacle. La cerise sur le gâteau déjà délicieux qu’était cette étrange rue. Ici, elle pourrait prendre de merveilleux clichés. Son inspiration fusait dans son esprit, à chaque seconde une nouvelle idée. Comment avait-elle pu passer à côté de ce merveilleux endroit  ? D’une main, elle poussa le lourd portail. Un terrible grincement vint percer le silence anormal de cette rue. Keira laissa échapper un petit rire. Bien sûr que ce portail grinçait ! Ça fait partie de l’ambiance générale. Elle poussa maintenant la grosse porte de bois. L’intérieur ne la déçu pas, il était tout aussi sinistre que le reste de la propriété.

- Jackpot, murmura la jeune femme sans pouvoir cacher son enthousiasme.

Les fenêtres grossièrement condamnées tamisaient la lumière. Par endroit, un rayon de soleil venait percer l’obscurité en découvrant une épaisse traînée de poussière. Les quelques meubles restants étaient recouverts de draps autrefois blancs, et poussés contre les murs, si bien que la pièce vide semblait immense. Le manteau de la cheminée était recouvert de tant de poussière qu’il était impossible d’en deviner la couleur. Avant de commencer à mitrailler l’endroit de photos, Keira préféra faire une plus grande reconnaissance des lieux et commença à monter l'escalier. À chaque marche, son excitation grandissait un peu plus. Quel autre trésor se cachait là haut ? Un vieux coffre rempli de secrets ? Une pièce cachée derrière une bibliothèque ? Un…

- AAAAAAH ! Hurla Keira dans un majestueux sursaut, plaquant une main sur sa poitrine.

Un homme se trouvait là, un homme vivant. Avec de grande respirations contrôlées, la jeune femme tâcha de calmer son choc. Elle observa alors l’endroit. Il était à l’image du rez-de-chaussée ; presque vide, recouvert de poussière, sombre. Il avait cependant un détail de qualité que l’autre pièce n’avait pas : cet homme musclé qui semblait taillé dans la même pierre que les montagnes environnantes, le regard sombre qui semble revenir de loin, et le tout dissimulé derrière un faible nuage de fumée. Maintenant que la peur de la surprise était parti, Keira se vit fascinée par cette vision. Impossible de l’empêcher, un grand sourire amusé illumina son visage.

- Ouah. T’es vendu avec la maison, c’est ça ? Demanda-t-elle en montant la dernière marche, regardant l’homme avec une heureuse curiosité. Tu viens ici pour réfléchir à un plan diabolique de revanche ? Ou pour sombrer dans les plaisirs de la drogue ? Ouh ! S’exclama-t-elle en regardant autour d’elle avec un enthousiasme rieur. C’est une réunion de mecs badass c’est ça ? Y’en à d’autres en route ?

La jeune femme interrompit sa remarque suivante, se forçant à garder les lèvres fermées. Elle n’avait pas pu s’empêcher de rire face à cette vision. Cependant, sa tendance à rire de tout pourrait la mettre dans de mauvaises situations si elle ne faisait pas attention. Après tout, elle ne savait pas qui était cet homme, peut être était-il de genre à s’énerver face aux personnes comme elles.
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MessageSujet: Re: Somebody save me ▬ ft. Keira Ven 17 Nov - 21:04




    - AAAAAAH !

    Une femme fit son apparition en haut de la cage d'escalier. Elle était rousse, et ses longs cheveux ondoyaient au fur et à mesure de ses mouvements. Elle tentait visiblement de réprimer le mélange de peur et de surprise qu'elle éprouvait au même instant, tandis que l'irlandais remarqua rapidement que dans ses mains se trouvait un appareil photo qui semblait fort coûteux et de qualité. Il comprit qu'elle avait probablement dû succomber à la curiosité de cette maison atypique, et avait brisé la barrière de l'appréhension mystique qui régnait autour de cette vieille baraque. Clive lui jeta un coup d’œil circulaire ; elle lui paraissait jolie, et même plutôt naturelle. Un rictus se forma au coin de ses lèvres, qu'il tenta de dominer afin de le dissimuler. Hors de question de montrer un brin d'humanité dans un moment pareil.

    - Ouah. T’es vendu avec la maison, c’est ça ?
    - J'ignorais que j'avais déjà l'air d'un vieux meuble poussiéreux et délabré, lâcha le jeune homme en haussant les épaules d'un air nonchalant.

    Il tira sur sa cigarette, avant de lever légèrement le menton et d'expirer la fumée dans le couloir. Il jaugea la jeune femme du coin de l'oeil, observant chacun de ses gestes afin de les analyser. Elle semblait étonnamment joyeuse ; tout le contraire de Clive, en sommes. Mais cette rencontre, qui était relativement impromptue, promettait d'être intéressante.

    - Tu viens ici pour réfléchir à un plan diabolique de revanche ? Ou pour sombrer dans les plaisirs de la drogue ? Ouh !

    C'est qu'en plus, elle ne craignait pas d'être bavarde ! Il aurait pu lui arriver n'importe quoi dans cet espace clos et retiré, surtout avec un homme qu'elle ne connaissait ni d'Eve ni d'Adam. Au moins, une chose qu'on ne pouvait lui retirer, c'était son courage.

    - Tu as bien trop d'imagination, constata Clive en haussant un sourcil amusé. Ou alors tu regardes trop de films. Mais tu fais fausse route, continua-t-il d'un ton pondéré tandis que la jeune rousse lui parlait avec enthousiasme. D'ailleurs, si tu veux jouer à ce petit jeu, si tu n'avais pas cet appareil photo j'aurais pu penser que tu venais ici pour faire un rituel satanique. Mais je dis ça, je ne dis rien.

    Une ébauche de sourire s'épancha sur ses lèvres à nouveau. Il s'appuya contre l'encadrement de la porte d'une main, sa cigarette tenant sur le bord de ses lèvres tandis que son autre main fouillait l'intérieur de la poche de son jeans. Au vu de l'attitude de son interlocutrice, Clive ne savait s'il devait oui ou non se sentir amusé par ses remarques. Son regard restait fixé sur la jeune rousse, qui avait un accent qu'il aurait facilement pu reconnaître entre mille, attendant le prochain flot de parole qui semblait ininterrompu chez elle.

    - C’est une réunion de mecs badass c’est ça ? Y’en à d’autres en route ?
    - Désolé de ne pouvoir satisfaire tes fantasmes, répondit le jeune irlandais en se passant négligemment une main dans les cheveux, mais je suis un loup solitaire.

    Il se pinça les lèvres ; il avait visiblement mal choisi son jour pour être seul dans cette maison d'ordinaire si vide.
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MessageSujet: Re: Somebody save me ▬ ft. Keira Sam 18 Nov - 19:25






    - J’ignorais que j’avais déjà l’air d’un vieux meuble poussiéreux et délabré.

    Keira sourit au son de cette remarque. Ce ton cynique et détaché allait parfaitement avec cet air mystérieux et ce soufflé de fumée détaché. Cette maison sinistre faisait ressortir chez cet homme un côté énigmatique, comme un gros coffre rempli de secrets et de pensées sombres, qu’il traînait à sa cheville à la manière d’un boulet. Il avait clairement une histoire, tortueuse et sombre, qui avait façonnée une personnalité probablement marquée et forte. Le chemin qui menait à sa compréhension était certainement sinueux, semé d’obstacles et de fausses routes. Décidément, il allait parfaitement avec cette maison. Avant même de remarquer ce qu’elle faisait, Keira se mit à avancer doucement, tournant lentement autour de lui pour l’observer. Elle se sentait comme ces artistes, qui après des années de désespoir, trouvaient enfin leur muse.

    - Tu as bien trop d’imagination. Ou alors tu regardes trop de films.

    La jeune femme laissa échapper un petit rire. Il y avait là une part de vérité ! Ces films et séries, toujours remplis de clichés bien juteux et dégoulinants. Avec cet air là, il en serait le parfait héros torturé. Il était rare, dans la réalité, qu’une personne dégage autant de choses. Les humains sont parfois exubérants, il étalent leur personnalité aux yeux de tous, ils sont bavards, imbus d’eux-même et toujours prêt à se montrer. Et pourtant, Keira voyait beaucoup plus de choses chez cet homme là que chez la plupart des gens.

    - Mais tu fais fausse route. D’ailleurs, si tu veux jouer à ce petit jeu, si tu n’avais pas cet appareil photo j’aurais pu penser que tu venais ici pour faire un rituel satanique. Mais je dis ça, je ne dis rien.

    - L’un n’empêche pas l’autre, répliqua-t-elle avec un haussement d’épaules et un sourire. D’ailleurs, tu es le bienvenu pour te joindre à mes rites !

    - Désolé de ne pas pouvoir satisfaire tes fantasmes, mais je suis un loup solitaire.

    Keira tapa du pied sur le sol, dans une parfaite imitation d’un enfant à qui on refusait un jouet. Elle n’avait pas décelé chez cet inconnu de trace de potentielles réactions dangereuses, ce qui avait laissé sa bêtise reprendre le dessus. Elle était originellement partie pour passer une journée avec pour seule compagnie son matériel et son imagination, mais le destin lui avait offert un merveilleux cadeau : un modèle ! La clope qui pendait au coin de la bouche, la barbe qui dissimulait une bouche pleine de secrets, cet air sombre qui ne faisait qu’un avec la maison qui l’entourait… Elle pourrait en faire une merveilleuse série de photos. Ou un documentaire animalier.

    -Tu sais… commença-t-elle, en s’approchant d’un pas de plus, tu ferais un merveilleux modèle photo ! Ou acteur, dans un petit court métrage.

    Elle le regardait en souriant. Elle se doutait bien qu’elle n’aurait aucune réponse positive, mais elle se devait de demander. Et puis, en cas de refus, c’était toujours une bonne occasion de l’embêter !

    - Ou alors, je te sacrifie à la gloire de Lucifer[/b], continua-t-elle d’un ton nonchalant. [b]Tu as le choix !


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MessageSujet: Re: Somebody save me ▬ ft. Keira Dim 19 Nov - 18:32




    La jeune rousse qui se tenait devant lui commença à lui tourner autour en lui jetant de petits coup d’œil obliques, agrémentant parfois la conversation d'un haussement d'épaule ou d'un petit rire qui sonnait diverti, ce qui occasionna un froncement de sourcils chez Clive. Que lui voulait-elle, au juste ? N'avait-il pas l'air suffisamment dangereux pour la faire fuir ? Apparemment pas. Il avait dû se ramollir avec le temps, lui qui autrefois était connu des services de police dans deux pays pour de nombreuses agressions dues à des débordements de sa part. Mais une chose était certaine ; jamais Clive n'avait attaqué délibérément une femme. Dans le fond, elle avait sûrement raison de ne pas le craindre, même si cela portait atteinte à sa fierté.

    - L’un n’empêche pas l’autre. D’ailleurs, tu es le bienvenu pour te joindre à mes rites !

    Cette fois, ce fût Clive qui s'était laissé prendre par un petit rire. Elle jouait à son jeu avec une facilité déconcertante, usant des mots comme d'ustensiles aiguisés, prêt à combattre avec des armes invisibles mais dangereuses. Il l'observa à son tour avec un sourcil relevé.

    - Je pense pouvoir survivre à quelques paroles en latin, satanas, répondit-il avec un cynisme qui laissait néanmoins trahir une pointe d'amusement.

    D'entrée de jeu, il avait réussi à lui trouver un joli petit surnom, à défaut de connaître son identité. Lorsqu'elle tapa du pied sur le sol, les yeux de l'irlandais s'arrondirent pour exprimer la surprise qu'il ressentait. Elle agissait non pas de façon puéril, mais avec l'enthousiasme et l'attitude d'une enfant. Décidément, cela ne lui ressemblait guère mais une forme de curiosité piqua Clive, bien qu'il s'intima de ne pas chercher à en savoir plus. De toute façon, ça n'avait aucun intérêt. Il tira une fois de plus sur sa cigarette, la laissant partir en fumée au bout de ses doigts tandis qu'il réfléchissait à ce qu'il allait faire d'une si étrange rencontre.

    - Tu sais… tu ferais un merveilleux modèle photo ! Ou acteur, dans un petit court métrage.

    Clive s'étouffa avec de la fumée au fond de sa gorge. L'avait-il bien comprise ? Il reprit sa respiration en se tapant contre le torse à l'aide de son poing.

    - D'habitude, ceux qui aiment me photographier sont au commissariat de police, ironisa-t-il à la mémoire de son passé. C'est censé être un compliment ?

    Il l'avait vue venir, avec son air innocent et son appareil photo pendant à son cou. Il savait que cela impliquait une demande muette et sous-entendue, qui le faisait bien sourire intérieurement.

    - Ou alors, je te sacrifie à la gloire de Lucifer. Tu as le choix !

    Le jeune homme secoua la tête en riant doucement, baissant le regard sur le sol avant de le remonter lentement sur son interlocutrice.

    - Voilà un meilleur compliment, je ferai sans doute une meilleure offrande que tous les gens de la ville réunie, répliqua-t-il en expirant un nuage au-dessus de sa tête. Dans tous les cas...

    Il écarta légèrement les bras.

    - Amuse-toi.

    Il n'avait rien à perdre à part son temps, alors autant en profiter.
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MessageSujet: Re: Somebody save me ▬ ft. Keira Lun 20 Nov - 16:46



    - Je pense pouvoir survivre à quelques paroles en latin, satanas.

    - Ouuuuuuh, lâcha Keira dans une expression à la fois impressionnée et flattée.

    La jeune femme avait d’abord pensé qu’elle se ferait rembarrer aussi vite qu’elle était arrivée, mais finalement, le moment de sa sentence n’avait pas encore sonné. Peut-être que l’inconnu - chez lequel elle percevait un très léger accent - était déjà très irrité par son attitude, mais en tout cas, il restait pour l’instant très calme. C’était bon signe ! Elle avait des chances de pouvoir rester ici à faire ses photos, ou peut-être même faire connaissance avec cet étrange individu. Quoi que, maintenant qu’elle lui avait demandé de poser pour elle, Keira risquait de très vite déchanter.

    - D’habitude, ceux qui aiment me photographier sont au commissariat de police. C’est censé être un compliment ?

    - Oooohohoh, ria Keira, comme si elle avait trouvé une grosse pépite. Elle parla ensuite plus pour elle-même que pour l’inconnu. C’est tellement parfait.

    La jeune femme s’arrêta un instant, réfléchissant enfin à ce qu’elle venait d’entendre. Était-ce son humour à lui, ou avait-il réellement déjà été arrêté ? Il avait en effet une allure peu rassurante, mais ne lui avait pas non plus parut dangereux jusqu’ici. Ses mots avaient créé une petite pointe de crainte, chose avec laquelle elle n’était pas familière, mais elle ne s’éloigna pas de lui pour autant. Sa curiosité et son enthousiasme était encore plus forts - peut être trop forts.

    - Et juste pour savoir, commença-t-elle d’un ton détaché, où est-ce que tu te places dans l’échelle du petit délit, au crime contre l’Humanité ? Histoire que je sache où te situer entre potentiel partenaire de vol de poubelle ou pervers psychopathe, termina-t-elle avec un haussement d’épaule nonchalant.

    Remarque, pensa-t-elle, même s’il s’agissait d’un grand criminelle, cela pourrait être une intéressante rencontre - à condition qu’elle ne finisse pas découpée dans des sacs poubelle, ou pire… Décidément, sa volonté de connaître et comprendre les gens courrait à sa perte. Mais pour rien au monde elle n'abandonnerait tout ça !

    - Voilà un bien meilleur compliment, je ferai sans doute une meilleure offrande que tous les gens de la ville réunie.

    - Dois-je comprendre que tu es l’Être supérieur, ou bien le pauvre homme torturé qui n’est assez bien pour personne ? Demanda-t-elle en levant un sourcil intéressé.

    Sans attendre de réponse, elle haussa les épaules avec un petit sourire. Décidément, elle n’était pas tombée sur n’importe qui. Elle qui voulait de la particularité et de l’aventure, la voilà servit. Mais elle était bien loin d’imaginer la réponse qui suivit.

    - Dans tous les cas… Amuse-toi.

    Keira resta là, immobile, l’appareil photo qui pendait lamentablement à son cou. Elle pensait qu’il lui rirait au visage, qu’il l’enverrait chier ou se contenterait simplement de partir. Mais contre toute attente, il était prêt à poser pour elle. Sous le choc, sa bouche s’entrouvra dans une moue ridicule. D’un mouvement de tête, la jeune femme chassa sa surprise, pour laisser place à un immense sourire qui, doucement, s’installa sur son visage. Un éventail de possibilités s’ouvrait devant elle, l’agressant par leur beauté comme si elle traversait un champs de lancers de javelots. Ne sachant quelle direction prendre avec lui, elle décida de laisser son coeur guider son appareil photo. Pleine d’entrain, elle s’approcha de son nouveau modèle, posa ses deux mains sur ses avants-bras et le tira de quelques pas sur le côté. Il se trouvait maintenant dans un rai de lumière qui venait déchirer l'obscurité poussiéreuse par une petite fente dans le toit. Le rayon venait illuminer le blond de ses cheveux à la manière d’un halo de lumière.

    - Ô, âme perdu qui a vu la lumière ! Lança-t-elle d’une voix solennelle. Tes péchés sont pardonnés !

    Et, une fois ses réglages fait, elle prit une photo. La perfection du résultat lui arracha un rire joyeux.

    - Cet endroit est vraiment génial, j’en ai pas fini avec toi, vieille maison ! Tu es plutôt photogénique d’ailleurs ! Déclara-t-elle à l’homme en souriant. Alors l’irlandais, c’est quoi ton nom ?

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MessageSujet: Re: Somebody save me ▬ ft. Keira Dim 3 Déc - 11:39







    Dissimulés au fin fond de cette vieille maison, l'interlocutrice de Clive poussa une exclamation quelque peu enflammée, provoquant un bref ricanement de la part de l'irlandais. Elle possédait sur son visage une expression frivole qui poussait l'homme à se poser beaucoup de questions sur son compte. Était-ce réellement possible d'être si enthousiaste dans la vie de tous les jours ? Cela dépassait visiblement l'entendement pour lui.

    - Oooohohoh, c’est tellement parfait.

    Cette seconde exclamation – dans laquelle Clive percevait de la satisfaction, bien qu'il n'en comprenait pas la motivation – eût pour effet de lui faire soulever un sourcil de curiosité. Il avait l'étrange impression d'être une bête de foire, une sorte de licorne que personne n'aurait jamais vu et qui suscitait beaucoup l'intérêt chez la population. Il tira sur la bordure de son t-shirt pour cacher son irritation. Toute cette situation lui inspirait un mélange digne d'un patient bipolaire, entre agacement et amusement en même temps. Sa cigarette toujours pendue à ses lèvres, il souleva délicatement sa lèvre supérieure pour pouvoir lâcher un soupir.

    - Et juste pour savoir, où est-ce que tu te places dans l’échelle du petit délit, au crime contre l’Humanité ? Histoire que je sache où te situer entre potentiel partenaire de vol de poubelle ou pervers psychopathe.

    Ah, la curiosité des femmes. Un instant, Clive regretta de ne pas avoir eu affaire à un dealer venu cacher sa marchandise. Au moins, lui ne lui aurait posé aucune question sur ce genre d'affaire.

    - Problèmes d'agressivité, lâcha Clive sans émotion. Rien qui ne motive une quelconque crainte pour toi. Je ne touche pas aux femmes.

    Clive savait – oh oui, il savait – qu'au fond d'elle l'intérêt était tel qu'elle devait se faire une centaine de films à la seconde, l'imaginant couteau ensanglanté à la main au-dessus d'un corps sans vie. Mais jusqu'à preuve du contraire, ça n'était encore jamais arrivé, bien que la moitié des habitants de Vögar le craignait, sans même en connaître la raison. Peut-être était-ce son attitude, nonchalante et cynique, qui soulevait des interrogations autour de lui. Allez savoir.

    - Dois-je comprendre que tu es l’Être supérieur, ou bien le pauvre homme torturé qui n’est assez bien pour personne ?
    - Ne va pas t'imaginer des choses, coupa l'irlandais en poussant involontairement sur son accent. Disons simplement que je ne manquerais à personne si je venais à disparaître, balança Clive avec un haussement d'épaule désinvolte. Et je ne me plains pas, c'est simplement une vérité.

    La manière dont le visage de la jeune femme se métamorphosa aurait pu provoquer un fou rire chez l'irlandais, tant elle semblait surprise par son affirmation. Il lui laissa le temps de se reprendre sans bouger ni parler. Pourquoi avait-il accepté ? Sans doute pour faire une bonne action, bien qu'il ne voulait absolument pas l'admettre. Lorsqu'elle regagna ses esprits, elle se mit à faire des arrangements de lumière et modifia la position de Clive, qui fumait sa cigarette dans l'angle d'une porte.

    - Ô, âme perdu qui a vu la lumière ! Tes péchés sont pardonnés !
    -Amen, ironisa Clive. Je te préviens, si tu commences à me sortir des trucs bibliques, je m'en vais.

    Elle commença à prendre des photos, ce qui provoqua un élan d'hilarité chez la jeune femme. Clive roula des yeux avec amusement.

    - Cet endroit est vraiment génial, j’en ai pas fini avec toi, vieille maison ! Tu es plutôt photogénique d’ailleurs ! Alors l’irlandais, c’est quoi ton nom ?


    L'irlandais – comme elle le nomma si bien – lui jeta un regard oblique.

    - Cette maison est une antre sacrée pour les âmes perdues, philosopha l'homme. Ravi de l'entendre, je vais le rajouter sur mon CV.

    Il tira sa cigarette de sur ses lèvres et l'écrasa contre le mur, la jetant ensuite parmi un amas de déchet dans un coin.

    - Clive. Et toi, tu as un nom ou je dois t'appeler Elisabeth ?

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MessageSujet: Re: Somebody save me ▬ ft. Keira Dim 3 Déc - 19:11



- Problèmes d'agressivité. Rien qui ne motive une quelconque crainte pour toi. Je ne touche pas aux femmes.

Ces mots soulevèrent un sourcil sur le visage de Keira. Le “sexisme positif”. Mais elle ne fit pas de remarque, préférant rester dans le positif. De plus, cette réponse la soulageait tout de même, puisqu'apparemment, elle ne craignait rien.

- Ne va pas t'imaginer des choses. Disons simplement que je ne manquerais à personne si je venais à disparaître. Et je ne me plains pas, c'est simplement une vérité.

Keira cligna plusieurs fois des yeux ; elle ne s’attendait pas à une telle réponse. Ainsi cet air sombre et solitaire n’était pas qu’un habit. Pour une fois, ses mots ne la faisaient pas rire. Ils étaient triste, même s’il gardait un air détaché. Keira aurait aimé le connaître depuis longtemps pour pouvoir lui crier “Tu manqueras à moi !”, avec drame et émotion. Malheureusement, c’était une affirmation qu’elle ne pouvait pas encore émettre. Même si elle voyait en chaque humain à la dérive une âme perdue qu’elle avait follement envie de sauver. On lui reprochait parfois de se mêler des affaires des autres. Mais c’est plus fort qu’elle, elle n’arrive pas à passer à côté d’un coeur fissuré sans essayer de l’aider. Elle n’avait pas la prétention d’être une héroïne capable d’apporter la lumière aux âmes perdues, mais elle aimait croire que c’était possible.

- Ne sois pas fataliste comme ça, répondit-elle en reprenant son ton doux et joyeux, la solitude n’est pas un état fixe, peu importe à quel point tu peux le sentir comme ça. À moins que c’est ce que tu aimes, ce que je comprend aussi. Mais tu passera à côté de choses fantastiques !

Keira avait gardé un ton détaché, elle ne voulait pas non plus engager un débat là dessus. Alors qu’elle s'attelait à son shooting improvisé, elle prêtait tout de même attention à ses expressions faciales. Il avait l’air de quelqu’un très intéressant, et touchant, alors elle ne voulait pas le faire fuir. Elle remarqua avec soulagement qu’il avait parfois l’air amusé. Il n’était pas l’homme le plus démonstratif, mais c’était toujours bon à prendre !

- Cette maison est une antre sacrée pour les âmes perdues.

- Je vois ça, répondit Keira avec un sourire en regardant ce qui semblait être la représentation même de l’âme perdue. Je vais faire de toi l’égérie des âmes solitaires, le prophète des coeurs égarés ! Plaisanta-t-elle, amusée.

Enfin, après la dizaine de minutes écoulée, l’identité de cet homme mystérieux était révélée. Enfin, partiellement. En tout cas, il n’avait pas démenti l’appellation d’”irlandais”, elle avait donc vu juste.

- Et toi, tu as un nom ou je dois t’appeler Elisabeth ?

Keira plaqua une main contre sa poitrine, dans un geste de surprise flattée.

- Je n’ai malheureusement pas la chance de porter le nom de notre merveilleuse reine, elle accompagna ses mots d’une révérence adressée à l’invisible Rein Elisabeth, avant de se redresser en souriant. Keira Falls.

Keira baissa les yeux sur son appareil photo, et regarda les quelques clichés qu’elle avait prise du dénommé Clive. Soudainement, elle laissa échapper un “wow”. Elle était impressionnée par sa propre photo qu’elle avait sous les yeux. Le cadre était parfait, la lumière contrastée faisait ressortir toute l’expression faussement neutre de Clive, alors qu’un faisceau lumineux se posait pile sur sa main, qui lançait son mégot un peu plus loin. Après quelques secondes de silence contemplatif, Keira fit un pas vers Clive, se plaça à côté de lui, et lui montra la photo.

- Quand je dis que tu es photogénique, je rigole pas ! Regarde cette oeuvre. Tu es réellement un parfait modèle, déclara-t-elle en levant les yeux vers lui, avec un doux sourire ravi. Si d’ailleurs un jour tu songes à te prêter au jeu d’acteur, je suis sûre que je peux te trouver des parfaits rôles !

Elle avait prononcé ces mots en souriant, mais la plaisanterie n’était que partiellement présente. Keira était sincère. Mais elle ne voulait pas non plus donner l’impression d’être un vieux proxénète en quête de nouvelles prostituées. La photo et la vidéo était parfois sa manière à elle d’aborder les gens. Paradoxalement, elle trouvait qu’on découvrait beaucoup une personne à travers son jeu d’acteurs, ou ses photos. Et Keira trouvait ça extrêmement intéressant. Elle adorait découvrir les personnes, et parfois, ces moyens étaient de bonnes méthodes. Mais elle ne voulait pas non plus le lasser avec son obsession de la photo, aussi elle décida de changer de sujet. Cette fois, sa voix n’était pas qu’amusement et rigolade, elle avait un ton doux, sincère.

- Alors, Clive, à quoi dédies-tu tes journées ici, à Vögar ?


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Somebody save me ▬ ft. Keira

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